Doublage & sound design – Recréer une scène de Ratatouille

Dans le cadre de notre formation, nous avons réalisé un exercice complet de doublage et de sound design en collaboration avec Valentin Czerwinski et Louise Berger dans le cadre de nos études en MMI à l’IUT Bordeaux Montaigne.

Le principe était simple en apparence :
partir d’un extrait de film muet, et reconstruire l’intégralité de son univers sonore.

Nous avons choisi une scène de Ratatouille, dans laquelle Rémi et Linguini apprennent à cuisiner ensemble. Une séquence riche, rythmée, et surtout extrêmement exigeante en termes de précision sonore.

Une reconstruction sonore complète

L’objectif n’était pas simplement de “rajouter du son”, mais de recréer chaque interaction, chaque mouvement, chaque matière.

Tout a été refait :

  • les dialogues (doublage)
  • les bruitages (foley)
  • les ambiances
  • le mixage final

Chaque son devait être pensé en fonction de l’image, mais aussi du rythme de la scène et de son intention narrative.

Un travail de foley minutieux

La scène reposant presque entièrement sur des actions physiques, le travail de bruitage a été particulièrement dense.

Nous avons recréé une grande variété de textures sonores :

  • les aliments manipulés (oignons, tomates, spaghetti, bouteilles…)
  • les objets de cuisine (assiettes, verres, couverts, saladier, fouet…)
  • les surfaces et matières (boîtes métalliques, verre, liquide, tissu…)

Chaque action visible à l’écran a nécessité plusieurs essais pour trouver le bon rendu. Par exemple, une simple boîte de conserve a été déclinée en plusieurs versions pour s’adapter à l’intensité ou à la distance de la scène.

Donner vie aux personnages

Une partie essentielle du travail a été de retranscrire les mouvements des personnages.

Les déplacements de Rémi ont été entièrement recréés :
ses pas, ses accroches dans les cheveux, ses glissements, ses interactions avec les objets.

Même chose pour Linguini, dont les mouvements impliquent :

  • des bruits de vêtements
  • des déplacements
  • des interactions physiques avec l’environnement

Un travail spécifique a été réalisé sur les cheveux, élément central de la scène, avec plusieurs variations sonores pour traduire les tirages, frottements et manipulations.

Travailler la matière et les sensations

La cuisine est un terrain de jeu sonore extrêmement riche.

Nous avons dû recréer :

  • des textures liquides (vin, eau, cuisson)
  • des impacts (objets qui tombent, aliments qui roulent)
  • des actions précises (couper, verser, ouvrir, mélanger)

Certains moments ont demandé une approche plus expérimentale, comme l’explosion de la tomate, réalisée à partir de projections d’eau pour simuler à la fois l’impact et la texture.

Rythme et montage sonore

Au-delà des sons pris individuellement, tout l’enjeu résidait dans leur assemblage.

La scène repose sur un rythme rapide, presque chorégraphié.
Le montage sonore devait donc être précis, dynamique et parfaitement synchronisé.

Le mixage a permis de :

  • hiérarchiser les informations sonores
  • donner de la lisibilité à la scène
  • renforcer les moments clés

C’est dans cette phase que tous les éléments prennent sens ensemble.

Comprendre le rôle du son

Ce projet met en évidence une réalité fondamentale :
👉 sans son, une scène perd une grande partie de son impact.

Le sound design permet de :

  • renforcer l’immersion
  • donner du poids aux actions
  • guider l’attention du spectateur

Dans une scène comme celle-ci, le son devient presque moteur de la narration.

Ce que ce projet m’a apporté

Ce travail m’a permis de développer une approche beaucoup plus fine du son dans l’audiovisuel.

Il m’a appris à :

  • observer les détails
  • traduire visuellement une matière en son
  • comprendre le lien entre rythme, image et audio

Mais surtout, il m’a fait prendre conscience de l’importance du son comme outil narratif à part entière.

Mehdi Afankous

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