Light On – L’Éclosion d’un Projet Audiovisuel

Lights On est un projet d’émission conçu comme un assemblage de formats courts, complémentaires et autonomes, pensé pour explorer la vie nocturne bordelaise au-delà de son image festive. Les documents de préparation montrent une ligne éditoriale centrée sur le « monde caché » de la nuit, ses visages, ses métiers, ses ambiances et ses récits, avec un plateau destiné à relier les séquences, des sujets très courts, une logique d’écriture magazine et une volonté de donner à chaque module la capacité d’exister seul.    

Dans ce cadre, j’ai occupé la fonction de directeur de production de l’émission tout en intervenant de manière transversale sur plusieurs dimensions du projet : réalisateur, coordination générale, suivi du tournage plateau, contributions techniques, préparation éditoriale du reportage, préparation du dispositif d’interview pour lae reportage, cadrage, lumière et montage. Cette polyvalence n’a pas été périphérique ; elle a constitué le cœur même de mon rôle.

Projet universitaire : Mehdi AFANKOUS · Louise THOUMAZET · Milan TRAPY · Djuste KABAMBA · Romain BEZOMBES · Thaïs LACOME · Cydji GOGAN · Joshua RABOTEAU · Martin PETIT · Phuong-My NGUYEN · Julianne ROGAM · Loana SIM · Juliette RIEUNAU

Introduction : Penser la nuit autrement

Avec Lights On, l’enjeu n’était pas simplement de parler de fête. L’ambition était plus large, et surtout plus intéressante : raconter la nuit comme un territoire à part entière.

Très vite, on a compris que la nuit est un monde qu’on traverse sans vraiment le regarder. Un espace presque invisible, mais pourtant bien réel, peuplé à la fois de travailleurs de l’ombre, de fêtards, d’anecdotes, de tensions, de mystère et de flux urbains. Il ne s’agissait donc pas de filmer la nuit comme un simple décor, mais comme une véritable organisation sociale, esthétique et humaine.

Une vision à construire

C’est précisément cette ambition qui m’a intéressé, parce qu’elle obligeait à penser l’émission non pas comme une succession de séquences juxtaposées, mais comme un ensemble cohérent, porté par une intention claire.

En tant que directeur de production, j’ai dû tenir plusieurs lignes en même temps. Il fallait faire exister une vision globale tout en garantissant la faisabilité du projet, répartir les responsabilités, suivre l’avancement, et s’assurer que le matériel et le rythme de fabrication suivaient. Mais surtout, il fallait rester fidèle à la promesse éditoriale :

Montrer ce que la nuit révèle autant que ce qu’elle cache, sans que cette intention ne se perde dans l’exécution.

Une organisation structurée

Au fil de la production, le projet a pris une dimension très organisée. On s’est progressivement rapproché d’un fonctionnement de petite rédaction-production, avec une vraie méthode de travail, une répartition claire des rôles et un suivi constant.

Ce cadre n’a pas bridé la création, au contraire. Il a permis de structurer un projet dense, avec plusieurs formats à produire en parallèle, tout en gardant une cohérence d’ensemble. Chacun pouvait avancer sur sa partie, sans perdre de vue l’objectif global.

Un rôle ancré dans le terrain

Ce rôle de directeur de production n’a jamais été uniquement théorique. Il s’est accompagné d’une présence constante sur le terrain, au plus proche de la fabrication.

En plus de la coordination, j’ai été directement impliqué dans la production. J’ai occupé différents postes selon les besoins : cadrage, gestion de la lumière, préparation technique de certains dispositifs, montage, mais aussi réalisation sur la partie fiction. Cette polyvalence m’a permis de rester connecté à la réalité du projet, et pas seulement à son organisation.

Par ailleurs, j’ai suivi une courte formation avec un ingénieur du son, ce qui m’a permis de mieux comprendre toute la chaîne audio. Dans un projet comme celui-ci, où le son joue un rôle essentiel, ça a été un vrai avantage. J’ai pu être plus à l’aise sur la prise de son, la configuration du matériel et l’anticipation des contraintes techniques.

Au final, cette expérience m’a appris une chose essentielle : une production ne se pilote pas à distance. Elle se vit, elle se suit, et elle se construit au contact du terrain.


Le Plateau

Le plateau était la colonne vertébrale de l’émission. C’est lui qui structurait l’ensemble, qui permettait de faire le lien entre les différentes séquences et de donner une continuité à des formats pourtant très différents.

Très vite, j’ai compris que tout passait par là. Si le plateau tient, l’émission tient. À l’inverse, dès qu’il se fragilise, c’est toute la lisibilité du projet qui en souffre. C’est pour cette raison que j’y ai accordé une attention particulière en production, en le considérant comme un point d’équilibre à préserver en permanence.

Sur le plateau, mon rôle n’était pas de faire quelque chose de visible ou de spectaculaire. Il reposait surtout sur une vigilance continue, presque silencieuse.

Ce travail est discret, mais il est essentiel. C’est lui qui permet à l’émission de garder une sensation de fluidité, alors qu’en réalité, chaque transition demande une attention particulière.

Ce qui m’a marqué sur cette partie, c’est le niveau de préparation nécessaire pour que tout paraisse simple.

Chaque élément était anticipé : le décor, le placement du matériel, la gestion du son, la lumière, les temps de tournage, jusqu’au rangement. Rien n’était laissé au hasard, parce que chaque détail pouvait avoir un impact sur la suite. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment pris conscience d’un point central dans la production :
produire, c’est gérer l’invisible pour que l’image paraisse naturelle.

Ce qu’on voit à l’écran est souvent la partie la plus simple. Ce qui demande le plus de rigueur, c’est tout ce qui se passe autour.

Le plateau m’a aussi obligé à naviguer en permanence entre plusieurs rôles.

Je n’étais pas uniquement dans une posture de supervision. Dès que c’était nécessaire, je pouvais intervenir directement, que ce soit sur le cadrage, la lumière ou des ajustements techniques pour soutenir l’équipe.

Cette polyvalence m’a permis de rester connecté à la réalité du tournage, et de comprendre concrètement les contraintes rencontrées par chacun.

La formation que j’avais suivie en son m’a également été utile. Elle m’a permis de mieux dialoguer avec les techniciens, de comprendre les enjeux de captation et surtout d’anticiper certains problèmes dès l’installation, plutôt que de les subir pendant le tournage.

Ce que je retiens surtout de cette expérience, c’est la responsabilité que représente le plateau. Il peut donner l’impression d’un espace maîtrisé, presque simple, parce que tout y est cadré. En réalité, c’est un lieu de concentration maximale, où chaque détail compte.

Un retard peut impacter toute la suite. Un oubli devient immédiatement visible. Une rupture de rythme casse la continuité. C’est précisément là que mon rôle de directeur de production a pris tout son sens : maintenir l’équilibre, absorber les imprévus avant qu’ils ne deviennent problématiques, et garantir une continité fluide du projet.

Au final, le plateau fonctionne quand il ne se fait pas remarquer, mais c’est pourtant lui qui tient toute l’émission.


Le reportage : Au coeurs de la Nuit

Le reportage a été, à mes yeux, l’une des parties les plus formatrices du projet. C’est là que tout se rejoint : l’exigence éditoriale, la confrontation au réel, et les contraintes techniques du terrain. Avant d’arriver à une version finale, on est passé par plusieurs directions. On a exploré différentes combinaisons de profils : videur et vendeur de hot-dogs, videur et organisateur de soirée, videur et chauffeur de bus de nuit… avant de finalement s’arrêter sur videur et barman.

Ce n’était pas anodin.
Ce processus montre à quel point le sujet a été réfléchi, ajusté, recentré. Le reportage ne s’est pas construit par hasard, il a été pensé, testé, puis affiné jusqu’à trouver un angle qui fonctionne vraiment.

J’ai préparé ce reportage avec Martin Petit. Ce travail en amont a été déterminant, parce qu’il nous a permis de poser une vraie direction. L’idée n’était pas de montrer la nuit du point de vue de ceux qui la vivent comme une fête, mais de ceux qui la rendent possible.

On s’est donc concentré sur deux figures très concrètes : un videur et un barman. Deux rôles essentiels, souvent invisibles, mais qui structurent complètement l’expérience nocturne. Ce choix a donné une base solide au tournage, avec une ligne claire à suivre.
Ce que j’ai particulièrement aimé dans cette partie, c’est cet équilibre constant entre préparation et imprévu.

On avait des questions, des axes, une direction. Mais une fois sur place, tout devient plus vivant, plus instable. Les échanges prennent des directions inattendues, les réponses ouvrent de nouvelles pistes.

Les discussions avec le videur tournaient autour de la gestion des tensions, des débordements, de la sécurité, mais aussi de la diplomatie.
Celles avec le barman exploraient le rythme de la nuit, les interactions avec les clients, les anecdotes, et cette capacité à rester lucide dans un environnement souvent chaotique.

Et c’est là que le réel devient intéressant.
Parce qu’au-delà des questions, ce sont les témoignages qui font émerger des choses concrètes : la gestion des clients alcoolisés, le lien humain, la difficulté d’avoir une vie sociale en travaillant la nuit, mais aussi la passion qui fait tenir.

Le tournage s’est fait de nuit, dans un environnement qui rend tout plus complexe. Lumière instable, bruit ambiant, circulation constante, rythme du lieu, disponibilité limitée des personnes… Rien n’est maîtrisé comme en studio. Et ça se ressent directement dans les images.

Certaines prises étaient difficiles à exploiter :
un son trop faible, parfois inexistant, des images trop sombres, des plans instables…
Mais à côté de ça, il y avait aussi des plans de coupe précieux, capables de sauver une séquence au montage.

=> C’est là que la technique devient concrète.
Un bon reportage ne repose pas seulement sur de bonnes questions, mais sur la capacité à sécuriser ses prises et à anticiper le montage dès le tournage.

C’est justement pour ça que le montage a été une étape clé pour moi.
Ici, il ne s’agissait pas juste d’assembler des réponses et de jolies images. Il fallait reconstruire une continuité, créer du rythme, compenser les limites techniques, et garder une immersion cohérente.

J’ai travaillé le reportage comme un récit court, resserré, où chaque élément devait servir les autres :
la voix off, les plans de coupe, les témoignages.

Tout devait s’équilibrer pour que le sujet reste fluide et compréhensible.

Cette étape m’a fait comprendre quelque chose d’essentiel :
👉 sur un reportage de nuit, le montage n’est pas une finition. C’est une deuxième écriture.
C’est là que le sujet prend vraiment sa forme.


Carte blanche :

La fiction, c’est clairement la partie où je me suis senti le plus à ma place. C’est là que j’ai vraiment pu prendre le rôle que j’aime le plus : celui de réalisateur. Dès le début, j’avais envie de traiter la nuit de manière plus cinématographique, pas juste la montrer, mais la faire ressentir. L’idée de base, c’était une déambulation nocturne, passer d’un bar à un autre, d’une ambiance à une autre, capter différentes énergies de soirée.

Petit à petit, cette intuition est devenue plus concrète. J’ai commencé à structurer un vrai récit autour d’un personnage, Lily. Elle traverse la ville, observe, photographie, écoute… elle croise des gens, suit des trajectoires, et découvre plusieurs facettes de la nuit. À ce moment-là, je suis vraiment passé d’une simple ambiance à une histoire avec une direction.

Sur cette partie, j’ai tout pris en main : l’écriture du scénario, le briefing des acteurs, le repérage, le choix des décors, le ton global. C’était justement ce qui m’intéressait : sortir d’une logique de captation pour aller vers de la mise en scène. Contrairement au reportage où tu accueilles ce qui se passe, là tu dois faire des choix en permanence. Qu’est-ce que je montre ? Depuis quel point de vue ? Comment je fais évoluer l’émotion ? Surtout avec un format aussi court.

Parce que oui, la contrainte principale, c’était le temps. On était sur des formats très courts, entre une et deux minutes trente. Ça change complètement la manière d’écrire. T’as pas le temps d’expliquer, faut aller droit au ressenti. Du coup, j’ai pensé la fiction comme une suite de micro-moments : une marche, un regard, une interaction, une tension, un changement de lieu… L’idée, c’était que chaque élément soit lisible, rapide, mais qu’ensemble ça raconte quelque chose.

Je me suis beaucoup appuyé sur le visuel et le son d’ambiance plutôt que sur les dialogues. Je voulais quelque chose d’assez sensoriel, presque flottant, où on suit Lily sans forcément tout expliquer.

Le point un peu frustrant, mais aussi hyper formateur, c’est que je n’ai pas fait le montage final. Quelqu’un d’autre s’en est chargé. Et ça, c’est une vraie réalité du métier : tu peux porter une vision à l’écriture et à la réalisation, mais elle peut évoluer en postprod selon la sensibilité de quelqu’un d’autre. Le résultat final n’est pas exactement ce que j’aurais fait moi-même, même si j’en suis satisfait.

Avec le recul, ça m’a appris un truc important : si tu veux vraiment maîtriser ton projet de A à Z, il faut réussir à accompagner jusqu’au montage, ou au moins être capable de transmettre ta vision de manière suffisamment claire pour qu’elle reste intacte même quand elle passe entre d’autres mains.


Format innovant : Micro-trottoirs

Au fil du projet, certaines parties de l’émission ont évolué, on a testé des idées, ajusté des formats, affiné la direction jusqu’assez tard. C’est quelque chose que j’ai vraiment ressenti pendant la production : une émission, ça ne se fige pas dès le départ, ça se construit progressivement, avec des allers-retours et des ajustements constants.

Mais il y avait aussi des bases solides dès le début. Le micro-trottoir, par exemple, a toujours été pensé comme le format innovant de l’émission. L’idée, c’était clairement de sortir du studio et d’aller au contact direct des gens, capter la nuit telle qu’elle est vécue, sans mise en scène, sans filtre. Donner la parole à ceux qui font la nuit, plutôt que simplement parler d’eux.

C’est dans ce cadre qu’on a tourné au Délirium. Sur cette partie, mon rôle a été très concret. J’ai installé tout le dispositif : les lumières, la caméra, le micro… puis j’ai assuré le cadrage. C’est un format que j’aime beaucoup parce qu’il demande d’être hyper réactif. Il faut aller vite, mettre les gens à l’aise, capter quelque chose de propre techniquement sans casser la spontanéité. Et surtout, accepter que tout ne soit pas contrôlable.

Parce que derrière un micro-trottoir qui peut paraître simple, il y a en réalité plein de décisions à prendre en permanence. Trouver le bon endroit pour garder un cadre propre, réussir à capter une voix malgré le bruit ambiant, gérer la lumière sans dénaturer l’ambiance du lieu, rester mobile tout en gardant une image stable… C’est un équilibre assez fin entre technique et instinct.

C’est aussi sur ce type de séquence que je me rends compte à quel point la polyvalence est importante. Être capable de préparer un setup, gérer la lumière, penser au son et cadrer en même temps, tout en gardant en tête l’intention globale.


Fond vert : La Météo de la Nuit

À côté de ça, il y avait aussi toute la partie fond vert, avec la “météo de la nuit”. Ce n’était pas une séquence dont je m’occupais directement, mais elle faisait pleinement partie de l’identité de l’émission. Je trouvais important de l’intégrer dans ma réflexion parce qu’elle montre à quel point le projet était pensé comme un ensemble.

L’idée était de reprendre les codes d’une météo classique, mais appliqués à la nuit bordelaise : les quartiers, les ambiances, les flux, les lieux de rassemblement… avec un ton décalé. Ça apportait une autre énergie, un autre rythme, et ça renforçait le côté hybride de l’émission.

Même si je n’étais pas directement impliqué dessus, en tant que directeur de production, je devais justement avoir cette vision globale. Ne pas voir uniquement ce que je faisais moi, mais comprendre comment chaque partie s’articule avec les autres.

Au final, c’est ça qui fait la force du projet : le plateau, le reportage, la fiction, le format innovant, le fond vert… chaque partie a son rôle, mais tout doit fonctionner ensemble. Et quand ça marche, ça paraît simple, alors qu’en réalité, il y a énormément de réflexion et d’ajustements derrière.


Bilan et conclusion

Ce projet a été, sans doute, l’une des expériences les plus complètes de mon parcours. Pas seulement parce qu’il était dense, mais parce qu’il m’a obligé à faire coexister des compétences que l’on apprend souvent séparément.

Produire, coordonner, anticiper, cadrer, gérer la lumière, comprendre le son, monter, écrire, réaliser…
Tout devait fonctionner ensemble.

Je ne l’ai pas vécu comme une accumulation de rôles, mais plutôt comme une circulation permanente entre les besoins du projet. À certains moments, il fallait organiser. À d’autres, produire. Puis revenir sur du terrain, régler un problème technique, cadrer, ou repenser une séquence.

👉 C’est cette transversalité qui a fait la richesse du projet.

La première chose que je retiens, c’est qu’une émission ne tient pas uniquement par son idée. Elle tient par sa méthode. Tout ce qui peut paraître secondaire devient en réalité central : l’organisation, la répartition des tâches, les outils de suivi, la préparation du matériel, les horaires, les ajustements en cours de route.

Ce sont ces éléments invisibles qui permettent au projet d’exister réellement.

Sans structure, même une bonne idée finit par se perdre. Le projet m’a aussi confronté à une réalité très concrète : la technique ne pardonne pas l’improvisation, surtout dans des conditions comme celles de la nuit. Les difficultés rencontrées pendant le tournage l’ont bien montré :
un son trop faible, parfois inexistant, des images trop sombres, des plans instables…

Anticiper, vérifier, doubler, s’adapter.
C’est ce qui fait la différence entre un contenu exploitable et un contenu fragile.
Un autre point important, c’est la cohérence globale.

Chaque partie de l’émission avait son rôle, mais aucune ne fonctionnait seule.

Le plateau donne un cadre.
Le reportage apporte du réel.
La fiction ouvre une autre lecture.
Le fond vert rythme et structure.
Le format innovant reconnecte au terrain.

Tout repose sur l’équilibre entre ces éléments.

👉 C’est leur interaction qui donne du sens à l’ensemble.

🎯 Conclusion : là où la création devient concrète

Si je devais résumer Lights On en une phrase, je dirais que ce projet a confirmé ma manière de travailler.

👉 Être au croisement de l’artistique, du technique et de l’organisation.

J’aime construire, faire tenir, décider, résoudre, mettre en scène, raconter.
J’aime être à l’endroit où les idées prennent forme.

Ce rôle de directeur de production ne m’a pas éloigné de la création.
Au contraire, il m’y a plongé pleinement.

Parce qu’au final, créer ne consiste pas seulement à imaginer.
👉 Créer, c’est rendre possible.

Et c’est exactement ce que je cherche dans l’audiovisuel :
donner aux idées les conditions concrètes d’exister.

Mehdi Afankous

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