Comment j’ai couvert la finale AXA Élite 1 sans accréditation photo
Le 28 juin 2026, les Lionnes du Stade Bordelais affrontent l’ASM Romagnat en finale de l’AXA Élite 1 au Parc des Sports Aguiléra de Biarritz. En s’imposant 22 à 10, elles décrochent un quatrième titre de championnes de France consécutif, un exploit historique. Sans accréditation photo, j’ai choisi de raconter cette journ
ée autrement : depuis les tribunes, en suivant chaque moment, du cortège des supporters jusqu’aux célébrations du titre à Bordeaux.
Contexte
Je ne suis les Lionnes du Stade Bordelais que depuis quelques mois. Tout a commencé avec un défi personnel : photographier le rugby féminin. Mon premier match dans ce cadre-là, c’était une rencontre de championnat contre Grenoble. J’avais adoré l’expérience – l’intensité du jeu, la proximité avec les joueuses, une discipline qui se prête magnifiquement à la photo. Dans la foulée, j’ai décroché une accréditation pour couvrir la Coupe du monde de rugby à sept à Bordeaux, une première étape qui a confirmé mon envie de continuer sur ce terrain-là.
Alors quand les Lionnes se sont qualifiées pour la finale du Championnat de France AXA Élite 1 face à l’ASM Romagnat, il n’était pas question de rater ça. L’enjeu était de taille : en cas de victoire, l’équipe pouvait décrocher un quatrième titre consécutif, une performance qu’aucune formation du rugby féminin français n’avait réalisée depuis 46 ans.
J’ai demandé une accréditation auprès du club, qui a relayé ma demande à la fédération et à Biarritz Olympique, organisateur local. Sans retour de leur part, j’ai fait le choix de tenter ma chance au culot : direction Biarritz dans le bus affrété par le club, avec l’espoir de trouver une solution une fois sur place pour entrer avec mon appareil.
Avant le match : négocier son entrée
Arrivé aux abords du Parc des Sports Aguiléra, un membre de l’organisation de Biarritz Olympique m’annonce clairement que je ne pourrai pas entrer avec mon matériel photo. Pas d’accréditation, pas d’appareil. Plutôt que de mentir ou de tenter de le dissimuler au passage du portique de sécurité, j’ai cherché une solution sur place, à l’amiable. Vingt minutes d’échanges plus tard, je récupère mon appareil directement depuis les tribunes et je peux enfin commencer à travailler.
Ce contretemps, je l’ai gardé précieusement : il est devenu le point de départ d’un reel Instagram, parce que ce genre d’imprévu fait aussi partie du métier – et le public aime voir les coulisses, pas seulement le résultat final.
Le cortège des supporters
Avant même d’entrer dans le stade, et donc avant de récupérer mon appareil, je m’étais positionné sur le trajet du cortège bordelais qui accompagnait l’arrivée des Lionnes. Fumigènes allumés, chants, écharpes aux couleurs du club : les supporters ont littéralement mis le feu pour l’arrivée des joueuses. J’en ai tiré un premier reportage entièrement consacré au public, avant même que le ballon ne soit lancé – une manière de raconter que cette finale se jouait aussi en dehors du terrain.
Le match, vu des tribunes
Une fois mon appareil récupéré, j’ai couvert l’intégralité de la rencontre depuis ma place en tribune, sans accès au bord du terrain. Une contrainte, au départ. Mais plutôt que de la subir, j’ai choisi d’en faire un parti pris : plans larges, vues d’ensemble du jeu, lecture tactique des mouvements d’équipe, et surtout cette interaction constante entre les joueuses et un public venu en nombre soutenir les Lionnes jusqu’au Pays basque.
Sur le terrain, le scénario a été à la hauteur de l’événement. Menées 12-3 à la mi-temps grâce à deux essais bordelais, les Auvergnates de l’ASM Romagnat – pourtant leaders de la phase régulière avec une seule défaite de la saison – sont revenues dans la partie en deuxième période. Le match a basculé à la 74e minute avec un troisième essai bordelais, scellant le score final : 22-10. Le Stade Bordelais décrochait son quatrième bouclier consécutif, une série inédite depuis Toulouse Fémina Sport entre 1975 et 1980.
Le coup de sifflet final
C’est souvent dans les dix secondes qui suivent le coup de sifflet que se joue la meilleure image d’un reportage sportif. Je m’y étais préparé : appareil réglé, œil rivé sur les joueuses plutôt que sur le tableau d’affichage. Les corps qui s’effondrent de soulagement, les premiers sourires encore incrédules, les embrassades, les regards échangés avec le public en tribune – ce sont ces fractions de seconde qui racontent le moment précis où une saison entière bascule dans la victoire.
Les célébrations
La couverture s’est poursuivie sur la pelouse : remise du bouclier, liesse générale, portraits volés des joueuses dans l’euphorie du titre. J’ai ensuite orienté mon travail vers une série plus intime, centrée sur le lien entre le club et son public – les joueuses retrouvant leurs proches, les enfants venus réclamer un autographe, les échanges spontanés avec les supporters. Ces images-là racontent une autre histoire que le score : celle d’un club profondément ancré dans sa communauté.
Retour à Bordeaux
Le reportage ne s’est pas arrêté à Biarritz. Quelques jours plus tard, j’ai suivi la réception des Lionnes à l’Hôtel de Ville de Bordeaux, organisée dans les salons du palais Rohan : présentation du bouclier, discours officiels, supporters venus célébrer une dernière fois le titre en présence des élus de la ville. Une manière de prolonger la narration au-delà de l’événement sportif lui-même, et de boucler la boucle de cette série éditoriale.
Diffusion
L’ensemble de cette couverture a été décliné en une véritable série de contenus sur Instagram :
Publications photo
- Le match, en plusieurs carrousels
- Le cortège des supporters avant la rencontre
- Les émotions du coup de sifflet final
- Les célébrations sur la pelouse
- La réception à l’Hôtel de Ville
Reels
- L’épisode de l’entrée refusée avec mon matériel
Au total, un même événement décliné en une dizaine de contenus distincts, chacun racontant une facette différente de cette journée – du contexte sportif à l’émotion humaine, en passant par les coulisses du métier de photograph
Mehdi Afankous
Téléchargez l’ensemble des photos sur le lien ci-dessous.
Les images peuvent être utilisées à condition de créditer le photographe : @afanpeak.
