MOVA — Émotions et activité physique
Ce projet a été réalisé le 23 janvier 2025 dans le cadre de mon Master 2 en STAPS, au sein d’un module de travail interdisciplinaire. L’objectif était de collaborer avec des étudiants de l’ENSC Bordeaux afin de concevoir une application répondant à une problématique scientifique concrète.
Nous devions, côté STAPS, définir le fond théorique et identifier un enjeu pertinent, tandis que les étudiants de l’ENSC étaient en charge de la conception et de la maquette de l’application. De cette collaboration est née MOVA, une application dédiée au suivi des émotions et de la motivation dans un contexte d’activité physique adaptée, notamment auprès de publics atteints de troubles psychiques.
En parallèle de ma contribution au fondement scientifique du projet, j’ai également pris en charge la réalisation de la vidéo de présentation, conçue et produite en même temps que le développement de l’application sur une période de 5 jours, du lundi au vendredi.
Contexte et problématique
Ce projet a été réalisé dans le cadre de ma formation en STAPS, autour d’une question centrale : comment mieux accompagner les personnes atteintes de troubles psychiatriques à travers l’activité physique ?
Les troubles psychiques, qu’ils soient dépressifs, anxieux ou psychotiques, affectent profondément les émotions, la motivation et le rapport au corps. Dans ce contexte, l’activité physique adaptée est aujourd’hui reconnue comme un levier thérapeutique efficace, capable d’améliorer à la fois la qualité de vie et la régulation émotionnelle.
Cependant, un problème persiste : il existe peu d’outils permettant de suivre concrètement ce que ressent un patient pendant l’effort, et encore moins de relier ces ressentis à une analyse exploitable par les professionnels de santé.
Le projet MOVA est né de cette limite. Il propose une approche qui cherche à capturer, comprendre et exploiter les émotions vécues pendant l’activité physique, en croisant données subjectives et observations visuelles. Comme le montre l’état de l’art, l’activité physique agit directement sur les mécanismes biologiques et psychologiques liés à l’humeur, notamment à travers la régulation de neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine ou encore les endorphines .
Une approche innovante : la Reconnaissance Émotionnelle Active
Au cœur du projet se trouve un concept que nous avons développé : la Reconnaissance Émotionnelle Active (REA).
Cette approche repose sur une idée simple mais puissante : les émotions ne doivent pas seulement être mesurées, elles doivent être vécues, observées et comprises dans leur contexte. La REA combine ainsi plusieurs dimensions complémentaires : l’image, le ressenti et l’analyse.
Elle s’inspire de méthodes issues de la recherche, comme le photolangage ou la photo-élicitation, qui utilisent l’image comme support d’expression et de réflexion. En confrontant les patients à leurs propres images prises pendant l’effort, on favorise une prise de conscience plus fine de leurs états émotionnels.
Ce processus permet d’aller au-delà du simple questionnaire : il crée un espace de dialogue entre le vécu du patient et l’analyse du professionnel.
Un écosystème pensé pour le terrain
L’application MOVA a été conçue pour s’intégrer facilement dans un contexte réel de pratique en activité physique adaptée.
Concrètement, le dispositif repose sur un smartphone placé dans l’espace d’activité, capable de capturer des images à différents moments clés de la séance. Ces images sont ensuite automatiquement traitées pour se concentrer sur les visages, garantissant à la fois la pertinence des données et le respect de la confidentialité.
En parallèle, les patients remplissent des questionnaires motivationnels avant et après l’activité, notamment via l’échelle EMAPS. Ce double niveau de lecture — visuel et déclaratif — permet d’obtenir une compréhension plus complète de leur expérience.
Les professionnels de santé, de leur côté, peuvent suivre l’évolution de chaque patient, enrichir l’analyse par des observations cliniques et adapter leur accompagnement en conséquence.
Une démarche scientifique intégrée
Le projet ne se limite pas à une idée conceptuelle : il s’appuie sur une véritable méthodologie scientifique.
Les données recueillies à partir des questionnaires ont fait l’objet d’analyses statistiques, mettant en évidence des évolutions significatives entre les mesures prises avant et après l’activité physique. Ces résultats viennent confirmer l’impact direct de l’activité sur la motivation et les états émotionnels des participants .
Au-delà des chiffres, c’est surtout la complémentarité entre données quantitatives et qualitatives qui donne sa force au projet. L’image permet de capter des nuances émotionnelles difficiles à verbaliser, tandis que les questionnaires structurent l’analyse et permettent d’en suivre l’évolution.
Entre innovation et responsabilité
Travailler sur des données de santé implique une exigence particulière en matière d’éthique et de confidentialité.
Le projet MOVA intègre dès sa conception les principes du RGPD : consentement explicite des patients, limitation des données collectées, sécurisation des informations et transparence sur leur utilisation. Les images, en particulier, sont traitées avec précaution : elles sont recadrées, validées par un professionnel et utilisées uniquement dans un cadre thérapeutique.
L’enjeu est clair : proposer une innovation utile sans jamais compromettre la confiance des utilisateurs.
Traduire le fond en image
Dans ce projet, mon rôle a été de donner une forme visuelle à un contenu dense, scientifique et parfois complexe.
L’objectif n’était pas simplement de présenter une application, mais de raconter une idée. Il fallait réussir à rendre compréhensible un concept abstrait, tout en conservant sa crédibilité auprès d’un public potentiellement professionnel.
J’ai donc construit la vidéo comme une progression narrative : partir du vécu (les émotions, le corps en mouvement), introduire la problématique, puis amener progressivement la solution. Le travail d’image s’est appuyé sur des situations réelles d’activité physique, avec une attention particulière portée aux expressions et aux interactions.
Le motion design est venu en complément pour structurer le discours, apporter des éléments scientifiques et guider la compréhension sans alourdir le rythme.
Une direction artistique au service du sens
L’identité visuelle du projet a été pensée pour trouver un équilibre entre univers médical et approche humaine.
Les choix de couleurs, volontairement sobres et accessibles, s’inscrivent dans une logique d’inclusivité, notamment vis-à-vis des problématiques comme le daltonisme. L’ensemble cherche à transmettre à la fois sérieux, modernité et proximité.
L’objectif était de ne jamais perdre de vue l’essentiel : derrière l’outil technologique, il y a avant tout des personnes.
Ce que ce projet m’a appris
Ce projet a marqué une étape importante dans ma manière d’aborder la vidéo.
Il m’a appris à travailler sur le fond autant que sur la forme, à structurer un discours et à penser une réalisation comme un outil de compréhension. J’y ai aussi découvert les enjeux spécifiques de la communication dans le domaine de la santé, où chaque mot, chaque image, doit trouver sa juste place.
Plus qu’un exercice technique, MOVA a été une expérience de réflexion : sur le rôle de l’image, sur la manière de transmettre une idée, et sur l’impact que peut avoir une narration bien construite.
Équipe projet
Développement : Mehdi Afankous, Dorine Véron, Florian Armengaud, Coline Bichon, Fabien Poivré
Mehdi Afankous
